• Parfois la vie est faite de rencontres atypiques. Ce fut le cas avec le premier film documentaire de Sophie Robert "Le MUR".... Mon engagement pour le droit à l'éducation et la scolarisation des enfants autistes a alors pris son essor !

    Voici un lien vers le 3 ième volet de la série " enfants autistes bienvenue à l'école"

    On y parle en toute bienveillance d'inclusion scolaire, de partage et d'humanité.

    http://ekladata.com/7p6lEDBgti8Ze6jWp1fUQ2Q8eUk@330x468.jpg

    LE CHEMIN VERS L'INCLUSION

    Un programme vidéo de 93 minutes dédié à l’enseignement spécialisé des enfants et adolescents avec autisme.
    Lorsque l’inclusion d’un enfant autiste à temps plein dans une classe d’enfants ordinaires n’est pas possible, l’Education Nationale met à disposition une série de dispositifs pour le scolariser. Nous allons suivre plusieurs enfants avec autisme accompagnés dans ces différents contextes : l'ULIS école de l’école élémentaire des noyers de Noisy le Grand, l’ULIS collège du collège Jean Macé de Suresnes, et l’Unité d’Enseignement Maternel (UEMA) de l’école des Hauts Poiriers de Mulhouse. A quel profil d’élève s’adressent ces dispositifs ? Comment ces classes particulières sont elles perçues au sein des établissements qui les accueillent ? Comment fonctionnent ces passerelles vers l’inclusion en milieu ordinaire ? En parallèle, deux enseignantes spécialisées, un enseignante inclusive, deux psychologues et une enseignante Montessori nous feront partager leur expérience de façon concrète et pédagogique.

     

    VOIR Le FILM

    http://www.dailymotion.com/embed/video/x672een


    http://www.enfantsautistesbienvenuealecole.com/la-serie/le-chemin-vers-l-inclusion

     A lire absolument aussi

    Résultat de recherche d'images pour "une société inclusive parlons-en"


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  • Rendre accessible les savoirs, permettre l' apprentissage, adapter les contenus, les supports, répondre aux besoins spécifiques des enfants à besoins éducatifs particuliers reconnus  en situation de handicap par la MDPH relève des missions de toute une équipe éducative.

    Le rôle du coordinateur de l'ULIS est bien au delà de ses missions d'enseignement de permettre à chacun des membres de l'équipe éducative de mieux comprendre l'enfant, l'élève concerné. Il s'agit donc de "récolter" des informations indispensables auprès de tous les partenaires pouvant éclairer nos lanternes . Ainsi on peut avoir une vision globale de l'individu singulier que constitue n'importe quel être humain. A la lumière de ces informations, chacun peut alors mettre en œuvre des actions spécifiques en lien avec sa fonction auprès de l'enfant.

    C'est dans le document Projet Pédagogique Individualisé  que j'ai synthétisé toutes ces informations et essayé de proposer une trame d'action en réponse aux besoins de l'enfant.

    Je rédige donc un PPI pour chacun des élèves à la fin de cette première période. Il se réajuste au besoin en cours d'année en fonction des évolutions de l'enfant.

    Voici à mon avis ( cela n'engage que moi) les éléments à ne pas oublier

    • informations administratives
      • identité de l'élève
      • ses représentants légaux
      • son parcours scolaire
    • les partenaires de soin
      •  qui sont ils
      • leur fonction
      • les modalités de prise en charge
    • Recueillir des informations précieuses sur la vie de l'enfant et ses spécificités
      •  synthèse de l'entretien familial
      • synthèse des éléments apportés par les partenaires
      • synthèse des bilans médicaux / ou thérapeutiques
      • synthèse des évaluations diagnostiques de classe et dispositif ULIS
    • Établir les points d'appui de l'enfant/ ses difficultés dans le domaine scolaire
    • Établir les points d'appui de l'enfant/ ses difficultés en ce qui concerne ses spécificités cognitives
    • Établir les points d'appui de l'enfant/ ses difficultés en ce qui concerne son comportement et ses centres d'intérêt
    • dégager des besoins
    • proposer des stratégies d'intervention
    • Établir les priorités d'action pour chacun des intervenants
      • enseignant classe ordinaire
      • enseignant spécialisé ULIS
      • les partenaires de soin
      • la famille

    Le projet est donc étayé par les membres souhaitant s'y joindre

    Enfin, nous pouvons mettre en annexe l'emploi du temps de l'enfant faisant ainsi apparaitre le temps de scolarisation en classe ordinaire et en Ulis, les temps de prise en charge (sur temps scolaire ou en dehors) les activités de loisirs.

    La programmation pédagogique par période peut également être indiquée.

    Cette liste n'est pas exhaustive et les coordinateurs d'ULIS on chacun leur document personnalisé.

    Le PPI reste un document de travail confidentiel partagé entre les différents membres de l'équipe. Il peut également être transmis avec les autres documents (GEVASCO) à la MDPH lors des Réunions d'équipe de suivi de scolarisation. Ainsi il constitue une part du PPS (projet personnalisé de scolarisation). Il ne peut être transmis qu'avec l'accord des familles ( comme tout document transmis)

    Voici un exemple de PPI pour mon ULIS TSA. Il est vierge mais j'y ai laissé quelques exemples pour une plus grande compréhension.


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  • Le travail autour de la compréhension des albums et textes en général est une activité pédagogique majeure aussi bien en maternelle qu'en élémentaire. Mes observations et les échanges avec les collègues des classes non spécialisées mettent en évidence que pour les élèves avec TSA la mise en oeuvre effective n'est pas si simple dans le grand groupe classe.

    En effet, cela demande une bonne maitrise du langage, un temps de concentration et d'attention assez long mais aussi de pouvoir rapidement intégrer de nombreuses informations le plus souvent données uniquement à l'oral. L'échange collectif dans la classe donnant lieu à des enchainements de questions/réponses ou de nombreuses interactions sont en jeu. cela est souvent rapide et nos élèves ont du mal à suivre et à participer pleinement.

    D'un commun accord, nous avons donc décidé que ce travail autour des albums serait peut être plus efficace dans le dispositif ULIS , en petit groupe. Bien évidemment l'objectif étant que les compétences acquises dans l'ULIS puissent ensuite se transférer  dans la classe.

    Le choix des albums

    Les élèves de l'ULIS ont (avaient) entre 5 et 8 ans, scolarisés de GS au CE1. Il s'agissait de trouver des albums pouvant plaire à tous mais aussi être travaillés à différents niveaux de difficulté.

    Au début de l'année 2016, certains enfants ne tenaient pas assis plus de 5 mn, la lecture d'une histoire relevait parfois du grand défi malgré d'autres compétences acquises .

    Nous avons donc opté dans un premier temps pour :

    • des albums jeunesse courts
    • des albums jeunesse dont les personnages sont bien identifiables et de préférence des humains
    • des albums jeunesse dont le texte est explicite
    • des albums jeunesse dont le texte est répétitif
    • des albums jeunesse dont le déroulement de l'action est linéaire.

    Pas simple de réunir tous ces ingrédients mais voici les albums choisis

    Quel Radis Dis Donc !

    Compréhension 1 : Les albums

    Je m'habille et je te croque

    Compréhension 1 : Les albums

    Bon appétit Mr Lapin

    Compréhension 1 : Les albums

    La chasse à l'ours

    Compréhension 1 : Les albums

    Cette année nous avons commencé pour les plus grands par " Le géant de Zéralda" en lien avec la classe de CE1

    Compréhension 1 : Les albums

     

     

    Justine entre au CP  pour les plus jeunes

     

    Compréhension 1 : Les albums

    Les entrées multi-modales

     Enrichir le langage oral par d'autres entrées semble important pour enrichir la compréhension de nos élèves TSA

    • l'apport du visuel ( images/ texte)
    • l'apport du sensoriel  Kinesthésique ( mise en mouvement)
    • L'apport sensoriel auditif ( bruits, sons, chanson du texte)
    • L'apport sensoriel lié au toucher ( objets, textures,matériaux)
    • L'apport sensoriel lié à l'odorat ( odeur des matériaux, des objets ou aliments ..)

    Ainsi, pour chaque album, nous avons pu constituer une "mallette" contenant le texte, les images, des objets ( réels ou miniatures) présents dans l'album, des marottes, des figurines ( personnages). j'avoue que les playmobils sont une bonne source  pour ce travail. Des exercices sous forme de jeux avec de la manipulation

     

    • Jouer avec les figurines

    Compréhension 1 : Les albums

    Compréhension 1 : Les albumsCompréhension 1 : Les albums

     

    •  identifier les personnages via l'image et l'écrit

    Compréhension 1 : Les albums

     

    Compréhension 1 : Les albums

     

    Compréhension 1 : Les albums

    • s'imprégner des personnages via les arts plastiques et le mouvement

    Compréhension 1 : Les albums

     

    Compréhension 1 : Les albums

     

    • s'imprégner de l'action en jouant avec marottes, marionnettes, ou  son corps, déplacer les personnages sur le décor  ...

     

    Compréhension 1 : Les albums

    Compréhension 1 : Les albums

    Compréhension 1 : Les albums

     ici on rejoue la scène de l'image avec les figurines

    Compréhension 1 : Les albums

     

     

    • enregistrer le bruit, les paroles via les enfants ...

     

     

     

     Les stratégies pédagogiques et construction de compétences 

     Le principal travail cette année a porté sur des éléments essentiels du récit:

    • QUI ? identifier les personnages / les nommer et comprendre leur rôle

    création d'activités diverses autour des personnages, leur image, leur nom, leur métier ....

    • QUOI? Les différentes actions et leur organisation chronologique
    • Où ? Les différents lieux

    Compréhension 1 : Les albums

     

     

     

     

    Nous avons abordé en fin d'année:

    • ce que ressentent les personnages et pourquoi
    • les caractéristiques physiques et morales des personnages
    • Les relations cause/effet dans le déroulement de l'histoire

    Nos stratégies sont basées sur des modalités variées permettant d'aborder les différents concepts  ( travailler sur différents canaux, généraliser les compétences)

    Beaucoup d'ateliers de manipulation , de fiches velcro, jeu avec les figurines, fabrication de jeux de loto, de mémory  à partir des éléments des albums ...

    Extension du travail à d'autres domaines comme arts visuels, motricité ( bouger comme le lapin..), découvrir le monde ( jardinage: planter des radis / alimentation: que mange les baleines ... qu'est-ce que du plancton ? ... ).

    L'objectif étant de permettre une meilleure compréhension via une meilleure connaissance concrète des évènements , lieux ou personnages des albums. Mise en relation de tous les éléments et enrichissement du vocabulaire mais aussi de la syntaxe.

    Je n'ai pas partagé ici les fichiers, car je pense que chacun peut construire en fonction de ce qu'il veut travailler et du niveau de ses élèves. Vous pouvez me demander par mail au besoin

    mais aussi pour les lecteurs, des fiches questions.

     

    D'autres pistes pour la compréhension ( développer plus tard)

    • Je lis Je fais
    • A partir du cahier de vie
    • A partir des photos des élèves

     


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  • La construction de repères temporels ainsi que la sensibilisation au concept de durée font partie  du programme d'apprentissage pour tous les élèves de l'école maternelle. Ce concept abstrait, non tangible est très complexe à comprendre pour certains enfants et notamment pour certains de nos élèves avec TSA. Voici donc ici un point sur pourquoi et comment aider les élèves TSA à mieux se repérer dans la journée, la semaine ou des temps plus longs.

    Première étape :  comprendre le temps qui passe par la  succession d'activités : La construction d'un emploi du temps visuel.

    Pourquoi utiliser un emploi du temps visuel?   favoriser la structuration du temps  car :

    • Les enfants ayant des troubles autistiques, en raison de certaines spécificités de communication, rencontrent très souvent lors des premiers temps de scolarisation des difficultés à comprendre ce que l’on attend d’eux tout au long de la journée.
    • Ils ont souvent des difficultés à comprendre la succession des activités pédagogiques proposées par les enseignants. Le déroulement dans le temps ne fait pas sens.
    • Certains élèves TSA, en raison d'une pensée assez rigide ( en lien avec la flexibilité mentale) peuvent être très sensibles aux changements d’activités ou de lieu. Un changement , un imprévu peut les bouleverser et engendrer un comportement que nous allons percevoir comme inadapté.
    • Le langage verbal n’est pas toujours en place et le message verbal (qui ne reste pas disponible) ne suffit pas toujours pour que la compréhension soit effective.
    • Cependant, ces enfants ont souvent (à vérifier pour chaque élève) de bonnes capacités de discrimination visuelle.

     La mise en place d’emploi du temps visuel a donc pour objectif :

    •         d’aider à la compréhension du déroulement d’activités successives au cours de la journée (ou demi-journée)
    •        d'aider à la construction du déroulement chronologique
    •          de permettre une meilleure compréhension de chaque activité proposée
    •          de ritualiser le temps de l’enfant à  l’école
    •        de permettre à l’enfant de se projeter dans le déroulement de la journée et ainsi diminuer certaines angoisses ou certaines errances
    •      de pouvoir préciser les activités, les lieux (et donc les déplacements) , les personnes
    •         de visualiser rapidement un changement ou un imprévu
    •        de montrer l’activité pour laquelle on demande à l’enfant de cesser celle qu’il est en train de faire

    Comment le construire ?

    Dans le commerce ( spécialisé) ou via certains organismes de formation, des emplois du temps visuels ( support +images)  sont en vente . Il est cependant facile de réaliser soit même à moindre coût cet outil pédagogique qui peut se décliner de manière individuelle ( comme notre agenda personnel) ou collectif pour la classe (tout sera alors agrandi pour favoriser une bonne lecture et une bonne manipulation).

    1.  Le matériel

                  -       une bande de carton fin  (ou papier rigide) de couleur que je vous conseille de plastifier

     

    -        des bandes velcro (pâte à fixe ou bande aimantée)

    -        une pochette de rangement cartonnée (plier une feuille de carton et agrafer)

    -        une série d’étiquettes représentant les activités, les personnes, les lieux que l’enfant rencontre au cours de la journée de classe (en double c’est mieux)

    -        une barquette/ pochette/boite pour mettre les étiquettes

     

              2. Construction du support :  Présentation verticale de la journée

      - Découper une bande de carton de 15 à 20 cm de large et 50 à 60 cm de long  (à ajuster à vos étiquettes). la plastifier. 

    -  fixer la bande de velcro de haut en bas de manière centrale ou fixer deux bandes de velcro  en parallèle. Ceci  permet d’ajouter une étiquette précisant le lieu ou la personne ou l’activité elle-même ou afficher une activité de remplacement (ex : on barre la récréation s’il pleut et on met à côté l’étiquette vidéo)

    - Au sommet inscrire le prénom de l’enfant et y placer sa photo ( si besoin).

    - A la base, fixer la pochette cartonnée (fabriquée selon la taille de votre bande de carton) dans laquelle les étiquettes sont rangées. Inscrire FINI sur la pochette

     Exemple d'un emploi du temps collectif grand format au coin regroupement :

    L'emploi du temps visuel

    Exemple d'un emploi du temps visuel en classe ordinaire de CP

    L'emploi du temps visuel

    Exemple d'un emploi du temps visuel individuel en classe ULIS

    L'emploi du temps visuel

     

    L'emploi du temps visuel

     

    3 La constitution de la banque d'images /création des étiquettes

    Si votre élève est suivi par un service de soin ou professionnel en libéral ayant mis en place un système de communication par l'image ( PECS ou MAKATON), il est vivement conseillé de vous caler sur le matériel utilisé par l'enfant. La famille peut vous fournir le matériel nécessaire. Une rencontre avec l'orthophoniste est à envisager.

    Si vous êtes à l'initiative de cette mise en place ( BRAVO !) vous allez donc comme moi devoir bricoler ... avec discernement yes

    Des questions à se poser ....

    Les étiquettes vont représenter les activités menées en classe ( activités pédagogiques/ récréations, repas etc). Cela demande donc de réfléchir à comment représenter ces activités. Quel type de représentation notre élève est–il en capacité de comprendre ?

    Un objet ? Une photo ?  Un dessin ? Un pictogramme ? un mot ? .... là est toute la question !

    Parfois c'est évident et parfois moins donc il faut faire des essais et réajuster.

     

    En fonction de l’enfant, on fera évoluer notre dispositif (capacité de généralisation, accès à l’abstraction,).

    Exemples :

    On peut passer de la photo du vrai puzzle au dessin d’un puzzle, au pictogramme du puzzle

    On peut passer de la photo du coin peinture au dessin d’un pinceau et d’une bouteille de peinture …

     Parfois, certains élèves ne sont pas capables de comprendre le passage de l’objet réel en 3D à l’objet représenté dans le plan(2D). Il faut alors par exemple accrocher un vrai pinceau sur l’étiquette.

     Attention ! Pour les photos, dans le cadre de l’emploi du temps,  il est préférable de prendre l’objet représentant l'activité un fond uni, sans parasites autour. si c'est un lieu (salle de motricité par exemple) la prendre vide, sans enfant en activité. ceci favorise la généralisation. Les enfants peuvent s'accrocher à un détail de votre photo et si le jour J ce détail n'est pas là ( comme le camarade avec le pull rouge) cela peut perturber l'enfant. Il est important aussi de faire attention aux reflets quand on prend une photo.

     

     Sous chaque dessin/photo est écrit le nom de l’activité.  Cela permet :

       - à chaque adulte de nommer de manière identique l’activité  et  ajoute de la cohérence pour l’enfant.

    - Cela permet aussi à des enfants d’entrer dans la lecture, de se familiariser avec l’écrit.

     - Plastifier les étiquettes et ajouter le velcro (ou patafixe ou aimant en fonction de votre support)

    Exemple d'étiquettes pour ma classe

    L'emploi du temps visuel

    4 mise en oeuvre effective

    plusieurs stratégies selon votre fonctionnement

    - en classe ordinaire / en ULIS

    - en individuel/en groupe

    • En individuel:

    - Lorsque l’enfant arrive, vous (ou AVS) placez avec lui les étiquettes représentant les activités de la journée (ou demi-journée). Une fois que l’enfant manipule bien et comprend bien, on peut lui demander de chercher telle ou telle étiquette dans la barquette.

    - Vous nommez ces activités (toujours le même mot pour la même image)

    - Lorsque c’est le moment d’aller réaliser une activité, vous pointez avec lui cette image ;

     Soit vous décrochez l’image et la transportez à la table de travail

      soit vous la laissez sur l’emploi du temps (au besoin de l’enfant)

    - Vous pouvez aussi avoir placé un double de l’étiquette à la table de travail ou dans le lieu utilisé (coin peinture, salle de motricité, toilettes)

     - Quand l’activité est terminée, vous accompagnez l’enfant vers l’emploi du temps et vous rangez avec lui l’étiquette dans la pochette.(on peut aussi retourner l’étiquette ou barrer au véléda)

    -  Vous pointez ensuite avec lui l’activité suivante ….. Et on recommence.

     L’utilisation de cet emploi du temps doit se faire de manière progressive et très régulière pour en favoriser la compréhension par l’enfant.

    Au début, on favorisera le fait de proposer toujours les mêmes activités.

    On peut par exemple démarrer avec seulement deux étiquettes puis ensuite aller jusqu’au temps de récréation, puis à la demi-journée et à la journée pour les plus grands.

    Parfois, on utilise plusieurs bandes verticales pour reconstituer la semaine (plus pour l’école élémentaire)

      l’objectif à terme est que l’enfant puisse venir lire seul son programme de la journée

     L’utilisation de cet outil peut se faire pour toute la classe (surtout à l’école maternelle).

    On peut alors en faire un plus grand bien visible par le groupe. Il a l’avantage d’être un outil dynamique et évolutif.

    Dans ma classe ULIS:

    Nous avons opté pour une construction collective de l'emploi du temps. J'annonce le programme activité par activité et je donne l'image correspondante. Nous l'observons et l'accrochons sur le support. Au fil du temps, les enfants sont devenus de plus en plus autonomes. ils vont chercher les étiquettes sur un support mural et les placent à la demande.

     

    Voici une fabrication pour la classe ordinaire d'un élève du dispositif:

    Exemple d'un emploi du temps visuel et support pour enfant lecteur (ici CE1)

    L'emploi du temps visuel

    L'emploi du temps visuel

    5 propositions d'activités préalables pour favoriser la bonne compréhension par les enfants

    Pour que cet emploi du temps ne reste pas un outil « de plus » mais soit un véritable outil de fonctionnement qui fasse sens et permette aux enfants de comprendre et progresser, il me semble important de travailler en amont sur la compréhension de chaque étiquette.

    Cela peut se faire en atelier avec le groupe classe et être repris en individuel avec l’enfant ( vous ou AVS). Dans le cadre de l'ULIS, c'est moi qui est travaillé avec les élèves et ensuite, nous avons transféré l'outil en classe ordinaire.

    exemples :

     On demande aux élèves de la classe « comment peut-on fabriquer une étiquette qui dirait que nous allons faire de la peinture ????? »

    Ensuite, on propose plusieurs étiquettes, on leur demande d’en choisir une ou plusieurs et on évalue leur choix en groupe.

    « La photo de la  poupée représente-t-elle la peinture ? La photo du coin peinture nous aide t-elle à comprendre que nous allons faire de la peinture ? »

    Cette activité est reprise régulièrement avec l’enfant sous la forme : associer l’activité réelle et sa représentation

    Chaque fois que l’enfant fait une activité, on lui montre l’étiquette.

    On peut aussi organiser cela sous forme d’un jeu de « marchande »

    « Je te donne une étiquette, tu vas  chercher le jeu/ l’objet  qui convient …. ».

    Une fois ces activités menées à plusieurs reprises, on peut commencer à les placer sur la structure de l’emploi du temps.

    Ce travail pourra se poursuivre et se compléter lorsque l’on introduira de nouvelles étiquettes.

     

     ! Attention!   Si certaines activités du groupe classe ne sont pas encore possibles pour l’élève, penser à prévoir une activité différente. Exemple pour le regroupement. Lorsqu’il ne peut plus rester assis avec le groupe, on peut l’autoriser à faire autre chose.

    Vous pouvez lister des activités calmes qu’il a le droit de faire. Vous pouvez les regrouper dans une panière/étagère spécifique ;

    Cela peut apparaître dans l’emploi du temps ou au moins être visualisé sur une étiquette.

    -        Que vous lui proposez quand vous sentez qu’il décroche.

    -        Qu’il vous donne si c’est lui qui décide de quitter le groupe

     

    L' utilisation de cet outil peut se poursuivre à l’école élémentaire

    La démarche est la même, en général, l’enfant ayant une meilleure compréhension s’adapte plus vite.

    Certains enseignants utilisent d’abord cet emploi du temps pour toute la classe et s’assurent de la compréhension de tous les élèves avant de l’individualiser.

    C’est l’élève concerné qui aura pour « mission » de manipuler cet emploi du temps pendant plusieurs jours ou semaines avant d’avoir le sien à disposition.

     

    L’utilisation de cet outil se fera sur le long terme, il faudra certainement du temps à chacun ( enfant /enseignant/ AVS) pour se l’approprier et pour que cela prenne sens.

    L’utilisation régulière et rigoureuse  favorisera son apprentissage.

    Le temps passé n’est pas du temps perdu même si ce n’est pas vous qui en voyez de suite les bénéfices.

    Le temps de l’enfant est souvent différent du temps de l’école.

     

     

     Je mets en lien un fichier avec des exemples en image ( je n'arrive pas à copier les images dans l'article). j'espère que mes explications vous aideront un peu.

     


    3 commentaires
  • On ne crie pas dans l'oreille d'un sourd pour qu'il comprenne mieux ce que nous sommes en train de dire, on ne demande pas à un enfant paraplégique de se mettre à courir un 100 m dans la cour et bien avec nos élèves TSA, c'est pareil, on ne peut pas leur demander l'impossible !!!

    Connaitre à minima le fonctionnement cognitif des enfants avec TSA, les observer en essayant de faire abstraction de tout ce que l'on sait du développement d'un élève neurotypique nous permet de mettre en œuvre un accueil et des stratégies pédagogiques respectueuses. Sans démagogie, sans nier la complexité des situations, ce n'est pas parce que nous n'en savons encore que peu, que nous ne pouvons pas user de notre bon sens en général et de notre bon sens pédagogique en particulier.

    Certes, ce que nous essayons de mettre en place dans l'ULIS n'est pas toujours simple à transférer en classe ordinaire et c'est pour cela que le travail en partenariat doit à mon sens se co-construire. Les enseignants spécialisés ne sont pas des magiciens ni des machines à adaptations pédagogiques. Aucun acteur du système éducatif ne peut se passer d'une réflexion et ce pour n'importe quel élève autiste ou non !

    Alors voici en partage quelques points importants à ne pas négliger si un élève autiste est scolarisé dans votre école, dans votre classe spécialisée ou non .

    L'autisme n'est pas une maladie, votre élève ne va pas guérir. Il fonctionne différemment dans son mode relationnel, dans sa manière atypique d'apprendre. Il passe la "frontière" du monde des "neurotypiques" ( les non autistes) plusieurs fois par jours ce qui le rend très vulnérable. Alors essayons à notre tour de passer la sienne, observons, décryptons sans tirer d'interprétations hâtives. Cela me semble incontournable pour construire une société inclusive. Aucune personne " ordinaire" ne se cache derrière ce qui nous parait bizarre chez une personne autiste. Il y a juste devant vous une personne singulière, un être humain avec les mêmes droits universels qu'un autre être humain. Il y a des enfants avec le droit d'être éduqués et instruits.

    L'autisme est défini comme un trouble neurodéveloppemental (le cerveau se développant de manière atypique) montrant une différence suffisamment remarquable (qualitativement/quantitativement) dans plusieurs domaines:

    • le langage, la communication et les interactions sociales
    • un répertoire d'intérêts et activités dits "restreints et stéréotypés" . Je leur préfère le terme " spécifiques".
    • des différences au niveau sensoriel : perception du monde extérieur ( vue,odorat, ouïe, toucher, goût ) mais aussi au niveau interne ( équilibre, sensations, ressenti ..)

    A ce jour, le diagnostic reste clinique, c'est à dire que l'examen se fait sur les symptômes observés par une équipe médicale pluridisciplinaire. Il n'y a pas encore de repérage par prise de sang, imagerie ou autre même si la recherche cherche des pistes dans ce sens.

    L'autisme peut être associé à des pathologies comme des troubles de l'attention (TDA/H), des troubles du sommeil, des troubles alimentaires, un déficit intellectuel, de l'épilepsie ...

    Les troubles du comportement ne sont pas inhérents à l'autisme mais souvent la conséquence d'une réaction à un environnement peu ou pas adapté.

    Il n'existe aucun traitement soignant l'autisme. Il n'y a aucune méthode miracle qu'il faudrait se borner à suivre à la lettre.

    Ceci a donc des conséquences indéniables dans son développement, son attitude au quotidien à l'école. En effet, l'école est un lieu où il y a beaucoup de monde, beaucoup d'agitation, de stimulations sensorielles et surtout la classe est un lieu où le mode de communication entre enseignants et élèves est le plus souvent VERBAL.

    Il peut exister un "fossé" entre nos manières d'être au monde, voici quelques exemples ( en espérant ne pas faire trop cliché !!!)

                                    fonctionnement autistique / Fonctionnement neurotypique

    • fonctionnement qui utilise peu le mode "langage" / fonctionnement basé sur le langage
    • pensée concrète                                       / pensée symbolique, métaphorique,  abstraction
    • s'oriente peu spontanément vers autrui /pensée de groupe, dans la relation aux autres
    • peu de compréhension spontanée des codes sociaux/fonctionne sur la base de codes sociaux appris implicitement
    • pensée pouvant être rigide, peu flexible avec des intolérance aux changements/ pensée souple, adaptation au contexte environnemental et émotionnel
    • pensée factuelle et contextuelle / pensée plus interprétative avec accès à l'implicite et accès à l'imaginaire facilité
    • pensée séquentielle, en détail/ pensée plus globalisante d'une situation
    • pensée très dépendante du contexte /pensée permettant un accès à la  généralisation

    Il existe des tas d'ouvrages sur l'autisme, pour éviter de vous perdre voici deux livres incontournables pour mieux comprendre :

    On ne crie pas dans l'oreille d'un sourd !

    On ne crie pas dans l'oreille d'un sourd !

     

    Bon bien quand on est à peu près au clair sur tout ça, vous me direz à quoi dois-je penser pour ma classe ???????????

    L'idéal est d'avoir un bilan complet de l'enfant nous donnant une image de ses forces et de ses difficultés mais aussi des spécificités de son fonctionnement. De mémoire d'enseignnate c'est assez rare malheureusement.

    si nous reprenons chaque point nous pouvons essayer de :

    • trouver un moyen alternatif à la communication verbal

    Il ne s'agit pas de ne plus parler mais d'étayer notre langage par des outils. ce qui marche souvent assez bien c'est l'utilisation d'un mode visuel ( photo/image, dessin ou pictogramme) Il existe des outils clés en mains comme le matériel Makaton ou PECS mais rien ne nous empêche d'utiliser nos propres images ( en nous assurant que l'enfant est en capacité de les comprendre) si l'enfant utilise un outil particulier avec son orthophoniste, essayer de faire un lien avec ce professionnel pour disposer du même matériel. Cela sera plus cohérent pour votre élève. Certains élèves sont lecteurs avant de parler donc ne pas hésiter à utiliser des consignes écrites.

    On ne crie pas dans l'oreille d'un sourd !

    • adapter notre communication verbale

    Parler moins

    Parler avec des phrases simples, courtes et explicites.

    éviter le langage métaphorique, le second degré ( dans un premier temps)

    ne pas surcharger nos messages d'explications inutiles ( d'autant plus en cas de vulnérabilité ou crise)

    • rendre l'abstrait plus concret : matérialiser l'organisation spatiale et temporelle :

    Rendre l'environnement lisible pour votre élève en structurant bien la classe et les espaces de travail ( voir article sur le blog). Vous pouvez mettre des étiquettes pour nommer les espaces ( mot+image) . Par exemple: espace de travail, espace tableau, espace bibliothèque, espace regroupement ...

     

    On ne crie pas dans l'oreille d'un sourd !

     

     

    Vous pouvez indiquer son nom sur sa table, sa chaise, sur le banc ( avec sa photo au besoin)

    Si en classe cela est difficile, vous pouvez opter pour un set de table de couleur pour qu'il repère bien son espace de travail.

    Le rangement du matériel scolaire peut aussi comme souvent en maternelle être bien visible : une étiquette pour l'endroit où on range les feutres, les puzzles, les livres ...

    On ne crie pas dans l'oreille d'un sourd !

     

    Le rangement et l'organisation de la table. J'ai pu remarquer en élémentaire que l'utilisation de la " case" sous la table relevait parfois du parcours du combattant. Dans les classes, nous avons opté pour des casiers de rangement avec des tiroirs . Le contenu est ainsi visible et accessible. une étiquette avec une image ( pictogramme ou autre) du contenu est souvent facilitante.

    https://i2.cdscdn.com/pdt2/2/2/6/1/300x300/auc2009845228226/rw/pratique-boite-de-rangement-tiroir-en-plastique-de.jpg

     

     

    Matérialiser le temps qui passe

    Une notion difficile à acquérir pour tous les jeunes enfants mais d'autant plus pour nos élèves autistes.

    Nous utilisons dans l'ULIS et en classe de référence des emplois du temps visuels individuels ( en plus du collectif de la classe). cela permet à l'enfant de comprendre la succession des activités qu'il va faire au long de la journée ( demi journée préférable au début)

     

    On ne crie pas dans l'oreille d'un sourd !

     

    matérialiser le temps d'une séance ou d'une activité

    soit par le matériel lui-même , soit par une consigne visuelle explicitant le début et la fin de la tâche, soit en utilisant un "timer"

     

    On ne crie pas dans l'oreille d'un sourd !

     

    • Apprendre les comportements adaptés et les codes de l'école

    L'utilisation des règles de vie bien connues dans nos classes est intéressante. Toutefois, on peut les adapter:

    - en mettant des visuels

    - en proposant le comportement adapté à la place du comportement non autorisé

     

    •  respecter le rythme de votre élève

    Souvent, certains élèves autistes vont plus lentement quand il s'agit de gérer des tâches demandant une organisation complexe. Lire, puis découper et coller des étiquettes va demander beaucoup d'efforts. Le problème n'est pas forcément la lecture ( votre objectif principal) mais toutes les tâches "parasites" de l'activité. L'AVS peut alors compenser en aidant l'enfant et ainsi lui permettre de se centrer sur l'objectif.

    • intérêts et motivations

    Essayer de comprendre quels sont les centres d'intérêts spécifiques de votre élève.

    Servez vous d'eux comme point de départ d'une activité ( nous avons fait des maths avec des "Angry-bird", de l'écriture à partir du nom des" yo-kai"...). ces motivations peuvent aussi servir de "renforçateurs positifs". Quand tu auras fini ton travail tu pourras faire ceci ou cela ...

    • faciliter l'accès aux concepts et au symbolique par un passage par la manipulation

    Montessori, Séguin, Itard l'avaient déjà compris. les neurosciences le confirment. On apprend en mettant notre corps en action, en manipulant. Le matériel concret facilite l'accès au sens.

    Il reste évidemment des tas de choses à explorer et à partager. je le ferai plus tard !

     

     
       

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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